Effets de la bagnole sur la santé, la nature… : « du virtuel »

Depuis le mois de juin, plusieurs rassemblements ont eu lieu sur le boulevard Anspach à Bruxelles, pour interpeller les pouvoirs publics et les citoyens sur le « tout automobile » et son impossible continuation. Face à cette mobilisation, les cries d’orfraie des apôtres du conservatisme progressiste ((Comme les appelaient Pierre Bourdieu, voir La production de l’idéologie dominante, Éditions Raisons d’agir, Paris, 2008)) se sont fait entendre. Notamment celui de Touring, lobby automobile. Nous l’avons appelé.
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Dans un article : « Jamais sans ma voiture ! », ressemblant plus à un panégyrique de la bagnole qu’à une réflexion de fond, Le Vlan ((3 mars 2010)) relayait une enquête de Touring dont le résultat était clair : « la voiture est indétrônable, elle reste de loin le moyen de transport le plus important et les utilisateurs, ajoute Touring, veulent conserver cette liberté ».

Il ne fallait donc pas s’attendre à ce que l’association accueille avec plaisir les pique-niques organisés sur le boulevard Anspach, au centre ville de Bruxelles. On pouvait par contre s’attendre au déploiement démagogique qu’il créerait,  démontrant à nouveau indirectement le mouvement naturel que représente pour eux le déplacement automobile : « chaque pique-nique coûte 30.000 euros à la collectivité ((voir http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2012-09-07/touring-un-pic-nic-coute-30000-euros-a-la-collectivite-936466.php )) », comme si la voiture, quotidiennement, ne produisait pas des effets qui avaient un coût ((voir http://carfree.free.fr/index.php/2012/09/20/la-pollution-atmospherique-coute-plus-de-5-milliards-d%E2%80%99euros-par-an)) … mais celui-ci est pour eux secondaire – ou « virtuel » -, puisque d’emblée on considère l’objet « auto » comme non-questionnable. Touring nous disait il y a peu : « personne n’aime être coincé dans les embouteillages, mais force est de constater que pour un grand nombre de gens, la voiture reste la seule alternative valable ((Le Vlan, ibid.)) ». Dans un contexte de croissance – relative – de la contestation antibagnole, il fallait aussi s’attendre, d’un lobby automobile qui sponsorise – ose sponsoriser – la journée sans voitures ((voir http://www.touring.be/fr/entraide/articles/semaine-mobilite/index.asp)),  à la dénonciation pitoyable des effets qu’ils s’emploient pourtant quotidiennement à encourager, n’hésitant pas à souligner les « problèmes de circulation causés par cette action ainsi que des embouteillages et de la pollution qu’elle emmène dans les rues parallèles ((http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2012-09-07/touring-un-pic-nic-coute-30000-euros-a-la-collectivite-936466.php)) ». De là à dire que bloquer un axe routier où passe chaque jour 27.000 automobiles, ça encourage l’usage de l’automobile, il n’y a plus qu’un pas pour ces rois de l’entre-deux ((voir « Les entre-deux… mais surtout d’un côté)).

A.P

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