Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente, a vu le jour ce 18 avril 2012.
Soutenez-nous: sans vous, nous ne sommes rien!
Vous trouverez plus d’informations sur le site du journal: www.kairospresse.be
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Lettre ouverte à ceux qui feignent le changement
Ils recherchent la convivialité que le système dans lequel ils vivent a détruite, tout en laissant intacts les causes de cette destruction. Ils ne combattent même pas les effets de cette société malade, non, ils se prémunissent de certains d’entre eux qui ont une incidence sur leur qualité de vie. Ils ne veulent pas des scories, ils les laissent pour les autres. Eux, ce sont les “entre-deux”: fruit d’un système qu’ils font durer tout en profitant des initiatives de ceux qui veulent le changer. Continuer la lecture
Les personnages politiques qui contribuent à la déliquescence sociale des lieux de vie par les privilèges accordés aux plus riches, ont toujours feint la lutte contre ce qu’ils s’employaient à créer : l’insécurité, pourfendant constamment par leurs mesures politiques iniques les valeurs de convivialité, le bien-être de tous et l’égalité. Dès lors qu’un incident survient, monté en boucle par les médias, ils instrumentalisent donc le fait pour promouvoir leur politique populiste. Ils instillent la peur dont on ne connaît pas trop l’objet et promettent, une fois le sentiment installé, de remédier au problème par l’augmentation des effectifs de police. Continuer la lecture
Il faudra impérativement sortir de cette société de consommation… et cela passera nécessairement par l’annihilation de la publicité.
Pourquoi dès lors ne pas commencer par retirer la pub du service public? A la RTBF!
Envoyez un lettre pour demander la suppression de la publicité à la RTBF : http://kairospresse.be/sites/default/files/documents/lettre.pdf
La peur musèle les esprits!
Mais ce qu’ils nous préparent est bien plus effrayant que de les affronter au temps présent pour arrêter leur course vers l’enfer. Il n’y a pas lieu d’être neutre, de temporiser! Le temps est venu de s’unir contre les experts en tous genres, ces technocrates qui ne savent rien de la vie. Qu’ils la ferment, comme le dit Jean-Pierre L. Collignon: http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=1726099&e=
A écouter!
Ça en choquera certains, nous en ferons pénitence par après, promis.
Si, s’inspirant de la rubrique du journal La Décroissance, nous devions évoquer notre “saloperie du mois”, il ne ferait nul doute que cette fois-ci elle porterait le nom de “Salon Valériane”.
“Ah, oui, pourquoi“?, se demande déjà sans doute certains. Expliquons-nous.
Dès l’entrée dans le salon, juste après avoir payé les 8 euros obligatoires, très vite sommes-nous pris par une certitude: nous sommes dans une foire commerciale! Aurions-nous été prévenu à l’entrée par un: “à l’achat de 5 tickets, vous recevez un paquet de frite à retirer au stand culinaire du salon” accompagné d’un: “n’oubliez pas de regarder le numéro de votre billet, un visiteur sera tiré au sort et gagnera une voiture hybride, propre” – ça viendra, ne vous inquiétez pas, lorsque la récupération sera complète -, l’étonnement aurait été moins grand, et on ne serait sans doute pas rentré, mais là! En se baladant, on passe de marchands de chaussures “équitables” à de la literie bio, des fruits secs “sans sucres ajoutés” à 5 euros les 100 grammes à des bijoux bio, sans oublier l’aspirateur humidificateur de poussière à 2.500 euros et au stand de sécateurs… bio! Kokopelli1 et Worms2 sauvent un peu la situation, mais commencent à faire tache…
Alors, consolons-nous: on pouvait y accéder en voiture (il y a un grand parking à Tour et Taxi) et on pouvait manger. Bien que sur ce dernier point l’on sache que produire bio revient parfois plus cher, il ne faut pas non plus se moquer du monde: une assiette de graines germées avec un petit bout de tarte au milieu pour 12 euros, quand le prix de revient doit être de 80 centimes maximum, il y a là une forme de marketing! Le bio: une marque? …
Une seule explication: Le salon Valériane a été contaminé par “C’est notre terre”, exposition qui était restée plusieurs mois dans un bâtiment à côté, et dont les microbes ont dû coloniser le salon, tant la supercherie était grande: tout au long de l’expo, on nous faisait la démonstration de la dégradation inédite de la planète, mais on n’en tirait pas trop de conclusions et, surtout, dans le couloir que nous devions emprunter pour sortir trônait un des sponsors principaux de l’expo: Volkswagen. On nous prend pour des cons, et ils s’en foutent bien qu’on le sache puisque leur bagnole continue à se vendre… ou celles de leurs concurrents!
Attention: les microbes du Greenwashing sont partout!
A.P
Sur l'élection médiatique française
« Hollande, “le plus présidentiel” » pour les médias français », titrait ce matin Le Soir sur son site internet. Aurions-pu nous attendre à ce qu’au lendemain d’un débat qui a vu la démocratie-spectacle faire son grand show, donc faire le spectacle de la démocratie qui se donne en spectacle et s’emploie à inventer tous les atours d’une réalité dont elle s’évertue quotidiennement à limiter les contours, aurions-nous donc pu nous attendre à ce que Le Soir nous éclaire sur le processus de construction médiatique de la « lutte » électorale ?
Non ! « Pour la plupart des éditorialistes français, François Hollande est le grand gagnant du débat opposant les deux candidats à la présidentielle ». Car dans « la plupart », le quotidien belge inclut dans une gestuelle automatique de mimétisme journalistique, ces éditocrates intronisés par la profession et cooptés par leurs amis, habitués du dîner du siècle et suppôt du pouvoir1, auxquels lui-même fait appel pour nous décrire les élections présidentielles françaises2.
Giesbert, Pujadas et autres Apathie demeurent alors les seuls à pouvoir s’exprimer. Résultat d’une construction médiatique bien rôdée, le spectateur, passif, se voit contraint alors d’accepter les deux candidats comme reflet du choix des Français ; comme s’ils n’étaient que le choix des Français, et non le choix des français construit par le choix des médias. Mais cela est difficile à faire entendre dans une société où l’on répète inlassablement que les médias ne font pas l’opinion, car l’opinion est chose privée que le sujet construit seul.
Une fois placé leur « candidat préféré », ne reste plus alors qu’à décrire dans la presse le match qui a opposé les deux concurrents : comment l’un a écrasé l’autre, lui a résisté, a paré ses attaques, l’a pris en défaut…
Rien sur le fond. Pauvreté de la pensée qui se limite à des combats de coqs de deux candidats qui, outre que l’un soit moins pire que l’autre, partagent certaines valeurs fondamentales de société, dont la croissance, la compétitivité, le nucléaire, l’obéissance aux diktats européens… rien sur le nucléaire et la bombe à retardement qu’il porte, le scandale des gaz de schistes, la fin inévitable de la croissance avec la fin du pétrole, la nécessité de changer de modèle de société…
Pourtant, comme lors de la victoire d’Obama en 2008 et son entrée en fonction en janvier de l’année suivante, les médias se gargariseront si le candidat qu’ils ont choisi « gagne » la présidentielle. Ils verront dans cette victoire celle de la démocratie et confondront le combat d’un homme pour le pouvoir avec celui du peuple.
Pourtant, ce jour-là, une chose aura bien atteint son faîte : la défaite de la pensée !
A.P
Il y a des mythes qui fondent nos sociétés et, lorsqu’ils sont destructeurs, assurent la chute de ces dernières vers un gouffre qu’ils s’emploient à leur creuser. Parmi ceux-ci, un fondamental: le fait que la richesse des riches profiterait à tous, par cet effet tout à fait faux mais bien connu du “Trickle down effect” qui verrait les sommes exubérantes ruisseler du haut de l’échelle des privilégiés jusqu’aux aux plaines arides de la grande pauvreté, en passant par tous les échelons intermédiaires. Malheureusement, ceux qui entretiennent le mythe, dont font parfois aussi partie les mêmes qui n’en tirent aucun avantage, ont oublié de mentionner que, à l’instar du jeu de chute des dominos, la cascade stoppait parfois net en chemin… et même parfois après avoir à peine effleuré le deuxième domino.
Lorsque les litanies des “luttes” caritatives contre la pauvreté auront laissé la place aux combats subversifs contre la richesse, et donc que richesse et pauvreté auront pu se rejoindre dans une continuité conceptuelle – et donc que l’on en tirera inévitablement l’idée que toucher à l’une propage indubitablement un effet sur l’autre aussi durement que la loi de la gravité -, alors là seulement nous pourrons dire que nous avons avancé dans la question de la justice sociale.
Entretemps, à défaut de pouvoir clouer le bec aux thuriféraires de “réformettes” qu’ils brandissent comme des changements majeurs, alors qu’elles ne sont que des palliatifs des mesures drastiques qu’ils prennent ailleurs, entretemps donc on se nourrira des enseignements de Frédéric Lordon, qui à la menace constamment répétée devant les élans de taxations des plus riches nous disant qu’à 75% les riches alors partiront, nous répond à base d’arguments plus qu’efficaces: “Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas” (http://blog.mondediplo.net/2012-03-16-A-75-les-riches-partiront)
A.P
C’est la phrase mise en exergue par le quotidien Le Soir de ce 10 avril, citant le président-candidat Nicolas Sarkozy:
« Avec François Hollande, nous avons une différence fondamentale: il veut moins de riches, et moi je veux moins de pauvres »
Même un enfant comprendrait qu’à quantité de richesse définie, l’augmentation de la part des uns – la diminution de leur pauvreté – nécessite inévitablement la réduction de la part des autres – la diminution de leur richesse. Et que, a contrario, l’augmentation de la richesse de quelques-uns, par les réductions d’impôt, la mainmise actionnariale sur les entreprises, les paradis fiscaux, etc., orchestrée depuis plus de trente années en Europe (En Belgique, entre 1986 et 2007, le taux d’imposition de la tranche de revenus la plus élevée est passé de 72 à 50%1), ne peut qu’organiser la pauvreté du plus grand nombre.
Devant cela, il sera aisé de comprendre qu’il faille toutefois maintenir l’illusion de l’enrichissement possible pour tous. Ce n’est là que le pendant du mythe de l’absence de limite propre à nos sociétés. Le mythe de l’abondance pour tous trouve sa justification fallacieuse dans le mythe de l’absence de limite à la production de marchandises et à la ponction sur la nature qu’elle implique: le gâteau peut croître à volonté…
Soyons donc assurés que cette “réduction de pauvreté” évoquée aura peut-être lieu, mais d’une toute autre manière que celle qu’on imaginait.
A.P
La pensée et la réflexion profondes semblent absentes de cette société… mais ce n’est pas nouveau.
Alors qu’un employé de la Stib (société des transports intercommunaux de Bruxelles) se fait tuer lors de son service, les différents quotidiens, qui pour l’occasion voient l’achat de leur journal et la fréquentation de leur site augmenter, ce qui est bon pour le commerce, les différents quotidiens s’empressent donc de relayer les solutions à court-terme, ces méthodes palliatives qu’eux-mêmes administrent à leur lecteur sans cesse, et qui font fi des fondements sociétaux de cette violence.
On évitera d’offrir à la critique l’argument facile où l’on taxera celui qui tente de comprendre de défenseur de criminel, ce pourquoi on précisera de suite qu’essayer d’appréhender ne revient pas à apporter caution. Car tenter de comprendre – et non pas d’ excuser – extirpe du cas particulier pour aller vers des chemins d’analyses plus sociologiques, et donc nécessairement moins passionnelles.
A voir donc les fausses solutions préconisées, on pressent le cheminement progressif vers des sociétés policières, où l’on s’emploie d’un côté à tenter de juguler les effets des politiques que l’on préconise de l’autre. Ainsi, “La STIB s’est félicitée lundi soir des propositions formulées par le gouvernement fédéral et celui de la Région de Bruxelles pour renforcer la sécurité de son réseau1”, dont la principale: 400 policiers supplémentaires pour Bruxelles. Sans rejeter l’idée que ce fait soit lié à un quelconque dégénéré, on ne peut se départir de l’idée que la misère sociale qu’on nous prépare ira vers l’accroissement irrémédiable de ce genre d’incident.
Pour se le prouver, il suffit de percevoir ce qui se passe, et dont les médias nous parlent si peu, dans l’antichambre de la déflagration européenne: la Grèce. Dans ce dernier pays, depuis les mesures d’austérité imposé par la BCE, le FMI et la Commission, les violences intra-familiales, les suicides, les délits et violences sociales ne font qu’augmenter: “Des enquêtes épidémiologiques récentes montrent que l’insoutenable difficulté de la vie quotidienne, dans un contexte d’endettement personnel et de chômage, provoque « des troubles dépressifs majeurs, des perturbations et une angoisse généralisée2 » qui contribuent à expliquer l’augmentation spectaculaire du nombre de suicides. Selon des chiffres non officiels évoqués par les parlementaires, ces derniers ont crû de 25% en 2010 par rapport à 2009 et, selon le ministère de la santé, de 40% pendant la première moitié de 20113.
Une fois arrivés à situation identique en nos pays, “nos” médias – et les syndicats faut-il le dire -, dont on pourra dire qu’ils auront activement participé à l’état des lieux tant ils se sont tu sur les possibilités de faire autrement, parleront-ils encore d’augmenter les policiers dans la rue?
A.P