Le 10? Nous-mêmes n’y croyons pas!

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Ca recommence…

A l’heure où, de nouveau – avant le prochain sommet -, l’on nous fait miroiter les possibles « résolutions » internationales qui suivront ces « rencontres climatiques » hypermédiatisées, j’appuie encore cette analyse que rien, jamais, même en situation apocalyptique, ne sortira de ce spectacle politique.

Seul un discours dénonçant le subterfuge a donc du sens. Tout le reste n’est que palabre.

Les articles que j’avais publiés lors du sommet de Copenhague sont ainsi toujours d’actualité. Autant ne rien écrire de nouveau.

http://www.gresea.be/spip.php?article838

http://www.gresea.be/spip.php?article837

Changez, dans le titre, « Copenhague » par la ville qui accueille et accueillera les prochains sommets.

A.P.

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Le réalisme opportuniste

Le hasard de la vie, dont le cours a cette persévérance de nous amener son lot de turpitudes et autres bassesses dont seul l’homme a le secret, m’a récemment mis en proximité avec des avocats. L’un de ceux-ci, au cours de la séance – facturée 125 euros l’heure, gracieusement car, de ses dires, l’habitude tournait plus vers les 150 euros – partagea un moment le fruit de sa pensée et de sa pratique : « Monsieur, écoutez-moi bien, ça va peut-être vous choquer, mais la justice n’existe pas dans ce monde. Il y a un palais des lois mais pas de justice ». Continuant son explication sur le fait qu’on pouvait très bien « perdre » malgré que l’on soit innocent, ce n’est pas cette vérité que l’on connaît qui me choqua le plus, mais le réalisme cynique avec lequel le personnage l’assenait.

Car il y a loin entre le fait de reconnaître le hiatus entre le discours de la justice et son application réelle, et celui d’accepter cet état de fait. La première situation laissant encore la possibilité d’agir, à son niveau cela va de soi, pour réduire l’écart ou en tous cas dénoncer le paradoxe – une Justice injuste – ; le second faisant de nous un « spectateur », qui, bien souvent, tirera petits ou grands profits de la situation.

Car l’auteur de cette phrase serait-il assuré de conserver les mêmes émoluments s’il décidait de se battre pour faire basculer le statut quo, plutôt que de le contempler dans une sorte de résignation détachée?

A.P.

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Les nouveaux « handicapés »

Dans les « conseils pour être un bon journaliste », « l’épluchage » périodique de la presse occupe une place de choix. Pour celui qui ne se fait plus d’illusion sur la capacité d’analyse critique de la presse mainstream, cet exercice consiste à déceler les « perles », les mettre ensemble et déconstruire l’idéologie diffuse, mais aussi parfois rafraîchir quand il le faut la mémoire des amnésiques, nombreux. La richesse de l’indigence journalistique est toutefois si luxuriante qu’elle n’impose plus ce devoir quotidien pour s’assurer de déceler la perle. Il suffit maintenant, quelques fois par mois, au hasard du passage dans une librairie, d’acheter Le Soir ou La Libre – par exemple – pour se faire une idée des progrès de la propagande.

Exemple avec le Soir. Titre: « Les salaires belges dérapent encore ». Sous-titre : « Le handicap salarial (en gras dans le texte) de notre pays s’est creusé par rapport à nos voisins proches. Une nouvelle réforme nécessaire ? (Le Soir, 14 février 2013).

Petit décryptage :

  • « Déraper » : indique métaphoriquement l’accident. Le Larousse donne comme définition à déraper, au sens figuré : « s’écarter de ce qui est normal, attendu, prévu et contrôlé » ;
  • « encore » : comme si nous n’avions pas compris avant, malgré les avertissements, le phénomène se reproduit ;
  • « Handicap » : « désavantage quelconque ; infirmité ou déficience, congénitale ou acquise ». Reste à lier le mot à l’adjectif « salarial » : « handicap salarial », terme qui s’inscrit depuis peu dans celui de la novlang, repris aussi bien dans les quotidiens nationaux que dans la newsletter de la Fédération des Entreprises de Belgique, laquelle notait dans un article en ligne du 14 février, également : « les coûts salariaux continuent à déraper ». De là à dire que Le Soir et la FEB font appel aux mêmes rédacteurs1;
  • « voisins proches » : la référence à la proximité indique implicitement que la différence qui a lieu près de chez nous ne s’explique pas, et que l’on pourrait dès lors rejoindre la norme des pays limitrophes. Sans jamais, évidemment, dire que ces pays voisins pourraient eux-mêmes se référer à nos normes de voisin proche ;
  • « nouvelle réforme » : ces réformes suivent un cours normal, il y en a déjà eu et il y en aura encore. Cela exprime l’idée d’un processus dont il ne faut pas se méfier.
  • « nécessaire » : jamais on n’entendra dire que ces réformes n’ont rien du nécessaire, et tout de l’arbitraire ;
  • « ? » : le point d’interrogation, essentiel car il invite à penser que l’on se pose la question et que va suivre une analyse objective pour tenter d’y répondre, alors qu’au fond on propose déjà une solution à une situation que le titre principal interprète – « dérapent « . La « réforme » empêchera le prochain « accident ».

Ce titre, en première page, sera vu, même par un lecteur qui n’ouvrira pas le journal. C’est donc, plus qu’un titre, un message qu’on veut faire passer ; prouver qu’il faut réformer au plus vite : « le dérapage altère la compétitivité des entreprises du pays. Si les salaires augmentent plus vite en Belgique qu’ailleurs, les entreprises vendront leurs produits plus cher, ce qui peut nuire à l’économie du pays et, dans le pire des cas, contribuer à des délocalisations d’entreprise. » La conclusion arrivant dans la dernière colonne de l’article : « il n’en reste pas moins vrai que ce rapport [du Conseil Central de l’Economie] confirme la thèse selon laquelle une réforme s’impose en Belgique, et que les mesures prises à ce jour n’y suffiront pas ».

C’est une évidence médiatiquement construite. On ne parlera jamais de handicap actionnarial, et si on le fait ce sera dans le sens d’un trop peu perçu par les actionnaires ; de handicap des intérêts notionnels, de handicap des aides publiques aux entreprises qui délocalisent ; de handicap bancaire, à savoir les remboursements des banques en faillite.

Habituons-nous, car les « handicaps » se multiplieront par les temps qui courent.

A.P.

  1. Les coûts salariaux continuent à déraper » (http://vbo-feb.be/fr-be/Dossiers/Economie-conjoncture/Competitivite/14-02-Rapport-technique-CCE/ []
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Accident ou système?

Dans la saga médiatique de « on découvre la malbouffe », on en oublie, expressément, que tout cela n’est pas un accident, mais les effets d’une structure que, progressivement, on a accepté.

Ce petit film retrace de façon concise ce lien entre production et consommation, pour exprimer en image ce qu’elles synthétisent: la destruction!

http://www.espritcritique.be/wp-content/uploads/Dossierslourds/Malbouffe.mp4
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Le 5ème numéro de Kairos et le spécial sont sortis!

Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente, aborde dans son 5ème numéro (février/mars 2013) la question des ondes électromagnétiques. Le téléphone mobile, les fours micro-ondes, la Wi-Fi… détails technologiques parmi d’autres ? Ou objets de consommations paradigmatiques de nos sociétés consuméristes ? S’ils devaient constituer ces derniers, ce serait certainement et essentiellement par une de leur caractéristique principale : ils sont, au delà de toute raison, le produit de la logique irrémédiable du profit : il faut produire ! De la « mobilité », de la « communication », du « lien », de la « connection », de la « rapidité »… produire pour consommer, consommer pour produire ; détruire, vider, ponctionner. Et cela fonctionne : la nuit de la Saint Sylvestre 2013 en Belgique, plus de 72 millions de messages SMS ont été envoyés. Chaque année, ce chiffre enfle, démontrant implacablement le succès grandissant de la téléphonie mobile et des technologies de communication qui la rendent possible. Pour permettre son déploiement maximum, les antennes relais ont donc colonisé nos villes et nos campagnes en quelques décennies, modifiant notre environnement électromagnétique de façon considérable. Une fois la dépendance créée, l’autre importe peu, même si l’on sait que la production de nos objets d’addiction reposent sur le sang, les larmes, les guerres et les pollutions qu’ont nécessité leur production.

Avec, dans le dossier, des articles sur :

– les effets des rayonnements électromagnétiques de la téléphonie mobile sur les colonies de fourmis (interview de Marie-Claire Cammaerts-Tricot) et sur les rats (interview de André Vander Vorst)

– les blocages et intimidations contre ceux qui tentent d’établir les faits scientifiques

– l’état des lieux de la recherche et les normes protectrices des industriels de la téléphonie

– les caractéristiques sociales et cliniques de l’utilisation du téléphone mobile, prothèse technique devenue, même chez les plus avertis, « indispensable ».

  • une analyse d’Olivier De Schutter, Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation;
  • la description d’alternatives espagnoles par deux jeunes voyageurs à la recherche des « utopies » possibles de ce monde;
  • Et les chroniqueurs habituels.
  • Le premier numéro spécial: Alerte paysanne ! Un état des lieux de l’agriculture en Belgique.

Pour vous procurer Kairos :

  • Dans de nombreuses librairies en Belgique à partir du 1er mars pour ces numéros 5 et 6 (numéro spécial sur l’agriculture) ;
  • pour plusieurs numéros et nous aider à diffuser, en téléphonant au 02/673.51.74 (de préférence) ou en envoyant un message à ap@kairospresse.be

Pour qu’on puisse encore trouver anormal ce qu’on nous présente comme normal, aidez-nous à durer : diffusez-nous, achetez-nous, abonnez-vous !

Merci !

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La merde d’un jour des médias occulte la merde… quotidienne

L’ « affaire de la lasagne » à la viande de cheval, que les médias cuisinent à toutes les sauces, a comme tous ces événements médiatiques qui surgissent inopinément, la caractéristique de faire croire que le cours des choses est normal et que seules quelques dérapages viennent ponctuellement noircir le tableau. Pourtant, si nous voulions parler de ce qui est dégeulasse et en rechercher les causes, les médias auraient nourriture quotidienne pour leurs articles. Mais, dans ce cas, ils seraient assurés de ne plus recevoir leur obole de ces mêmes faiseurs de crasse. Continuer la lecture

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Cette impression étrange…

N’avez-vous jamais cette impression d’étrangeté, ce sentiment trouble que des changements, peut-être irrémédiables, ont affecté et affectent la nature humaine, et que les forces en présence sont si importantes que tout combat est vain? Continuer la lecture

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Le soir souffle ses 125 bougies... et confirme sa servitude volontaire

Quand la presse dépendante parle d’indépendance

Il est maintenant d’usage courant de voir ceux soumis à la pensée unique se faire les défenseurs de la liberté d’esprit et les apôtres de la pensée critique. Le Soir ne fait pas exception. Soumis à la dépendance publicitaire, couvert d’annonces de la première à la dernière page, le quotidien n’hésita pas à se poser, il y a quelques mois, en initiateur de débats, dénonciateur du non-dit, récoltant indirectement les bénéfices de passer pour un élément neutre et indépendant « briseur de tabou ». Mais quelle crédibilité accorder à pareille entreprise, là où ceux qui occupent les postes de direction épousent les courbes du marketing manager et du package idéologique qui l’accompagne ? Continuer la lecture

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Le quatrième numéro de Kairos est là!

Pour les détails: www.kairospresse.be

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